Financement de PME : comment choisir ?

Financement de PME : comment choisir ?

Le financement de PME est une problématique à laquelle bon nombre de chefs d’entreprise sont confrontés. S’il existe une grande variété de moyens pour financer son entreprise, chaque option comporte des avantages et des inconvénients qui leurs sont propres. Rapidité de la procédure, taux d’intérêts, montants des commissions, dossiers à constituer… Ce sont autant d’éléments qui peuvent freiner le dirigeant dans sa recherche de financement de PME. Utiliser un financement adapté pour les besoins de sa structure est au coeur de la gestion de trésorerie : pour y voir plus clair, nous détaillons dans cet article les différents moyens auxquels le chef d’entreprise peut avoir recours pour financer les besoins de sa structure, répartis en catégories distinctes afin de faciliter la prise de décision.

Le financement par fonds propres

L’augmentation de capital

Une augmentation de capital sert (comme son nom l’indique) à faire croître le capital social d’une entreprise en émettant de nouvelles actions à d’anciens ou nouveaux actionnaires en suivant un prix déterminé. Plusieurs étapes sont payantes et représentent donc des coûts supplémentaires pour l’entreprise :

  • La rédaction du procès verbal

  • La modification des statuts et la publication dans un journal d’annonces légales

  • Enregistrer le procès verbal d’assemblée générale

Au delà de ces étapes, les formalités nécessaires à l’augmentation du capital d’une entreprise sont longues et fastidieuses si le dirigeant n’est pas correctement préparé ; c’est donc une option à bien anticiper avant sa mise en place !

Les financements court terme

L’affacturage

L’affacturage une méthode de financement de PME qui permet à une entreprise de céder ses créances à un établissement financier spécialisé, appelé le “Factor”, en échange de leur financement anticipé. Le factor se charge du poste client et propose généralement une assurance-crédit qui permet de couvrir l’entreprise face au risque d’impayé sur ses créances. Une société recourant à l’affacturage peut donc déléguer la gestion du poste clients (relances, recouvrement…) au factor, ce qui permet un gain de temps élevé dans certains cas de figure. C'est donc un moyen couramment utilisé pour améliorer sa situation de trésorerie en cas d'impayés à répétition, par exemple.

Par le biais d’un contrat d’affacturage, les deux parties se mettent d’accord sur le montant de créances qui sera cédé. Il est à noter que le contrat d’affacturage est à durée indéterminée : n’importe quelle partie peut choisir de se retirer à tout moment, à condition de respecter un préavis de 3 mois.

L’affacturage entraîne un certain nombre de frais, ce qui en fait une solution onéreuse à employer :

  • La commission d’affacturage, qui sert à rémunérer (au moins partiellement) le factor pour ses services (gestion du poste client…). Elle est indexée sur le chiffre d’affaires de l’entreprise et se situe généralement entre 0,7 et 1,5 % de ce dernier.

  • La commission de financement est de son côté prélevée sur chaque facture cédée. Elle est proportionnelle au taux d’intérêt négocié avec le factor, au délai de paiement moyen des créances ainsi qu’au montant tiré sur le compte du factor.

Si l’affacturage nécessite une négociation habile avec le factor afin de pouvoir bénéficier des taux d’intérêt les plus avantageux (ce qui peut prendre du temps), l’entreprise reçoit généralement le financement sous 24 à 48 heures, une fois le contrat signé et les factures cédées.

Le “Reverse Factoring”

Le reverse factoring (ou affacturage inversé) n’est ni plus ni moins que l’affacturage à l’envers. Dans ce cas de figure, ce n’est pas l’entreprise mais le client qui est à l’initiative de la manoeuvre. En effet, il va proposer à son créancier de le payer de manière anticipée en échange d’un escompte sur sa facture. Un organisme d’affacturage se charge de payer en avance l’entreprise : une fois la date d’échéance de la facture arrivée, le client va ensuite rembourser le factor.

En termes de coûts, c’est une méthode avantageuse pour l’entreprise puisque c’est le client qui va être amené à payer les commissions et intérêts, étant à l’origine de la demande.

La cession Dailly

Le principe de fonctionnement de la cession Dailly est très similaire à celui de l’affacturage, ce qui peut créer des confusions : en effet, malgré leur nombreux points communs, “la Dailly” comporte plusieurs spécificités qui en font un mode de financement de PME à bien dissocier de son homologue.

L’objectif ici est toujours pour l’entreprise de faire financer ses créances clients de manière anticipée. En revanche, en lieu et place d’un factor, c’est désormais une banque qui se charge de récupérer les créances de l’entreprise demandeuse. De plus, dans le cadre de la cession Dailly, il n’est pas possible de souscrire à une assurance-crédit permettant de couvrir la société en cas de défaut de paiement de la part de ses clients. Enfin, si le factor prenait en charge la gestion du poste client, il n’en est rien avec la cession Dailly : l’entreprise doit continuer à gérer ses relances et le recouvrement de ses créances. Si elle ne parvient pas à se faire payer, la banque finit pas rétrocéder l’argent qu’elle a avancé, ce qui peut mettre l’entreprise dans une situation délicate.

Au niveau des frais engendrés par cette méthode, ils sont inférieurs à ceux de l’affacturage mais néanmoins présents :

  • On retrouve un taux d’intérêt basé sur le montant total des avances de la banque (qui se situe entre 5 et 10%).

  • Des commissions par facture ou bordereau de remise, qui sont variables en fonction de la quantité et du type de support utilisé ( mail, papier…) ainsi que de la santé financière du cédant.

Sa mise en place est cependant quasiment identique à l’affacturage : il est nécessaire de négocier avec la banque afin de définir les termes du contrat, ce qui peut parfois prendre du temps. En revanche, une fois les créances cédées, l’entreprise reçoit l’argent sous 24/48 heures.

L’escompte bancaire

Si l’escompte bancaire est comparable sur certains aspects à ses cousins (l’affacturage et la cession Dailly), ce financement de PME fonctionne en effet sur un principe très similaire : une entreprise peut en effet céder des effets de commerce (principalement le billet à ordre et la traite) à une banque en échange de leur paiement anticipé et moyennant le paiement d’agios variables.

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La banque, qui examine au cas par cas chaque effet de commerce, peut accepter ou refuser chacun d’entre eux. Pour cela, le banquier effectue une étude de solvabilité de l’entreprise désireuse de recourir à l’escompte ainsi que des clients de cette dernière.

A l’issue de cette procédure, il peut déterminer un montant global d’effets de commerce que l’entreprise pourra céder ainsi qu’un plafond maximal par effet de commerce.

Plusieurs coûts sont à prendre en compte avec l’escompte bancaire :

  • Des frais de dossier, dont le montant est fortement variable en fonction de votre entreprise

  • Une banque rend un service en acceptant une demande d’escompte. En contrepartie, elle se rémunère en percevant plusieurs commissions, comme la commission d’endos (transfert de propriété de l’effet de commerce) ou la commission de bordereau.

  • Des intérêts d’escompte qui sont calculés en fonction du montant avancé par le la banque.

Le crédit de trésorerie

C’est un mode de financement de PME assez classique puisqu’il s’agit d’un prêt effectué par une banque à une entreprise pour que celle-ci puisse couvrir ses décalages de trésorerie par exemple. En échange, le dirigeant s’engage à payer des mensualités afin de rembourser l’argent mis à sa disposition, auquel on ajoute des agios variables en fonction du montant emprunté et du délai de remboursement.
Notons ici que les prêts à court terme ne peuvent excéder une durée d’un an.

En termes de coûts, on distingue :

  • Les frais de dossier

  • Les frais de garantie

  • Le taux d’intérêts

  • L’éventuelle caution personnelle

Notons également que tout est rassemblé dans le TEG (Taux Effectif Global), ce qui permet de simplifier les choses. Ce n’est pas une démarche très complexe : en général il suffit d’en faire la demande à une banque en présentant les informations nécessaires au banquier pour l’aider dans son analyse.

Le prêt à court terme en “crowdlending”

Si l’on entend souvent parler de crowdfunding ou financement participatif, que peut bien être cette variante ? Pour faire simple, le crowdlending est une variante du crowdfunding qui fonctionne uniquement par le biais du prêt : une société passe par une ou plusieurs plateformes spécialisées afin de présenter son projet et ainsi fédérer des utilisateurs autour d’elle. Pour autant, c’est une manière de faire plus risquée puisque, comme nous l’avons dit, le tout fonctionne par prêt. Des personnes vont en effet financer l’entreprise mais attendent en retour une rémunération.

Encore une fois, le fonctionnement est très proche de celui du crowdfunding : les entreprises doivent candidater sur une plateforme dédiée à cette pratique (Unilend ou Wiseed, par exemple). La demande nécessite un dossier solide puisque la sélection opérée par les plateformes est rigoureuse : si sa demande est acceptée, l’entreprise peut commencer à recevoir des prêts. En termes de coûts engendrés par ce type de financement, on retiendra principalement le versement d’intérêts aux différents prêteurs.

Le processus de crowdlending est long et fastidieux pour l’entreprise qui cherche à bénéficier de ce financement de PME : il nécessite en effet la constitution d’un dossier de candidature très fourni, et les réponses des plateformes peuvent être tardives ce qui pose problème si le besoin de financement est urgent.

Il faut également être très présent auprès des potentiels prêteurs afin de les convaincre et de les persuader de l’intérêt de l’entreprise ou du projet qui est porté par la campagne de financement. Tout cela demande par conséquent une très bonne organisation et une capacité de réaction très élevée.

Love money

“L’argent de l’amour” ? Derrière cet anglicisme se cache un concept très simple : le financement par love money n’est en effet rien d’autre que le fait de financer son entreprise grâce à des dons venus de la famille ou des amis de son dirigeant, ni plus, ni moins. le moyen de financement de PME le plus simple qui existe, du moins en théorie. Par ailleurs, il n’entraîne aucun coût particulier pour le chef d’entreprise (pas d’intérêts ni de commissions a priori).

Attention cependant : si cette solution de financement peut sembler idyllique sur le papier, il est néanmoins important de souligner quelques points importants :

  • En cas d’échec de la société, et si cette dernière a utilisé des fonds récoltés grâce à la love money, le risque de tensions relationnelles peut s’accroître de manière très importante vis-à-vis des personnes à qui le dirigeant a emprunté les sommes.

  • Le premier cercle de connaissances du gérant n’osera pas forcément le challenger sur la viabilité du projet ou la pertinence du développement de l’entreprise en l’état actuel, ce qui peut le conforter sur certaines de ses convictions erronées.

  • Les sommes perçues sont généralement peu élevées.

Ces rappels effectués, il n’en reste pas moins que recourir à la love money est une alternative très valable aux financements bancaires qu’il peut être intéressant de prendre en considération.

Les financements à moyen terme

Le prêt bancaire moyen terme

A l’instar de sa variante court terme, le prêt bancaire moyen terme permet à une entreprise de recevoir des fonds supplémentaires par une banque sur une durée déterminée : dans le cadre d’un prêt moyen terme, la durée de remboursement se situe entre 1 et 7 ans. Ce type d’emprunt est le plus souvent utilisé à des fins d’investissements : véhicules, machines, embauches…

Notons par ailleurs que plus l’emprunt lié à ce financement de PME se fait sur une longue durée, plus les taux d’intérêts seront élevés. Pour ce qui est des frais liés à cette option, on retrouve les mêmes éléments : agios, frais de dossier, commissions...

Le prêt moyen terme en crowdlending

Le prêt en crowdlending est une solution qui n’est pas uniquement réservée pour le court terme et elle peut très bien être utilisée sur de plus longues durées. Il n’y a pas de différences fondamentales par rapport à la version court terme, si ce n’est que l’entreprise se doit d’être encore plus convaincante. Pourquoi ? Tout simplement parce que le délai entre le prêt en lui-même et la sortie du produit ou du service associé à l’investissement est généralement plus long.

Le prêt à taux zéro pour l’innovation (BPI)

S’adressant aux PME de moins de 250 salariés, le prêt à taux zéro pour l’innovation est un peu particulier puisque pour pouvoir prétendre en bénéficier, une entreprise doit remplir un certain nombre de critères : en plus du nombre de salariés, la PME se doit d’être porteuse d’un projet qui doit permettre des avancées scientifiques et  technologiques accompagnées de réelles perspectives de commercialisation. Cela nécessite donc une réflexion avancée, et soumettre l’embryon d’une pensée ne suffira pas.

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En effet, il est nécessaire de déposer un dossier à la BPI qui se charge d’étudier les différents points décrits.
Si ce dernier est accepté, l’entreprise se voit remettre immédiatement l’intégralité du montant négocié (entre 50 000 et 3 000 000 €) à taux 0, qui est remboursable sur une durée de 5 à 8 ans.

Si ce type de financement de PME n’entraîne pas de coûts particuliers pour l’entreprise, il nécessite néanmoins une préparation solide de sa part. L’objectif est en effet de convaincre la BPI de l’intérêt du projet afin d’être éligible : l’organisme va se baser sur quatre critères distincts pour qualifier le projet :

  • Le caractère innovant du projet en lui-même.

  • La solidité financière de l’entreprise qui le porte.

  • L’intensité de la concurrence sur le marché où elle se trouve.

  • Le potentiel de croissance du projet à financer.

Si la BPI estime que ces quatre points sont satisfaisants, elle va ensuite donner son feu vert et accorder le prêt à l’entreprise.

Le leasing

La location avec option d’achat

Le leasing est une forme de financement tripartite : une entreprise souhaitant utiliser un bien qu’elle ne veut ou ne peut acquérir immédiatement peut choisir de prendre contact avec une société de crédit-bail afin d’obtenir un crédit. Si elle accepte, l’organisme de crédit-bail achète le matériel choisi par l’entreprise à sa place et lui loue sur une certaine durée, déterminée par le contrat signé et négocié par l’entreprise.

Une fois le contrat expiré, 3 possibilités s’offrent alors au locataire :

  • Restituer le bien à la société de crédit-bail et mettre fin au contrat

  • Reconduire le contrat de location (généralement à un tarif préférentiel) en accord avec le bailleur

  • Acheter le matériel

Le cousin de la “LOA” se nomme le crédit-bail. C’est une alternative très proche, qui présente toutefois une différence notable : dans le cas du crédit-bail, il n’est théoriquement pas possible de résilier le contrat avant sa date d’échéance (sauf si le bailleur est lui-même d’accord).

Mis à part les coûts de location, le leasing ne comporte pas de frais annexes et n’est pas particulièrement difficile à mettre en place.

La location financière

Proche cousine du crédit-bail, la location financière en reprend le concept à l’identique, à l’exception d’un seul point : à l’issue du contrat de location financière, il n’est pas possible pour le locataire de faire l’acquisition du bien : seulement de le restituer OU de prolonger le contrat. Cette prolongation s’effectue de manière tacite : en effet lors de la signature du premier contrat de location, les deux parties doivent s’accorder sur cette éventuelle prolongation, qui doit du coup figurer dans le contrat. La durée de ce dernier se situe entre 36 et 84 mois.

Tout comme la LOA (Location avec Option d’Achat), la location financière est une solution relativement “économique” pour une entreprise : mis à part les coûts de location, elle n’a aucun frais à régler, ce qui peut lui permettre d’investir tout en préservant sa trésorerie.

Les subventions

Les subventions à la création

Pour un porteur de projet, créer une entreprise est un travail gratifiant mais aussi une aventure mouvementée. Démarrer une activité et constituer un capital de départ pour son entreprise n’est pourtant pas évident, d’autant plus si l’entrepreneur ne dispose que de fonds limités.

Il existe heureusement un certain nombre de subventions auxquelles sont éligibles les entrepreneurs, afin de les aider à démarrer. Parmi les différentes possibilités existantes, on trouve notamment des organismes régionaux, qui proposent des subventions à la création d’entreprise. Prenons par exemple Inovizi qui officie en région Rhône-Alpes : Il est possible de bénéficier d’une subvention en amont de la création de l’entreprise ou au moment de son lancement.

D’un montant maximal de 11 000 € et utilisable en 1 an maximum, elle peut permettre au dirigeant de financer des études de marché ou l’achat de brevets, par exemple.

Le crowdfunding en don

Le crowdfunding peut se traduire en français par “financement participatif”. C’est un moyen atypique pour une entreprise d’obtenir un financement puisque l’objectif est ici de convaincre des internautes de l’intérêt de l’entreprise ou d’un projet en particulier afin qu’elles acceptent de le financer collectivement en mettant bout à bout des petites sommes d’argent. Il est également courant de proposer des contreparties aux personnes qui participent à la campagne, dont la valeur est souvent proportionnelle au montant accordé.

Cette méthode demande une certaine préparation puisque pour espérer convaincre, il est nécessaire de fournir un ensemble d’informations : montant nécessaire à l’accomplissement de la campagne, objectifs commerciaux, application concrète du projet à financer, contreparties proposées… Par ailleurs, recourir au crowdfunding requiert une grande disponibilité : il faut être en mesure de répondre aux questions des internautes, remercier pour les dons, communiquer sur l’état d’avancement de la campagne de financement… Ce n’est donc pas un moyen de financement pour PME aussi simple qu’il n’y paraît. De plus, ce type de financement de PME implique des coûts qu’il est nécessaire de prendre en compte : les plateformes de financement participatif prélèvent un montant élevé sur les financements perçus, généralement situé entre 3% et 8%

Toutefois, l’argent reçu est acquis de manière définitive (à l’inverse du crowdlending), ce qui est extrêmement avantageux pour la société qui en bénéficie, d’autant plus si la campagne fonctionne bien et que les objectifs sont atteints ou dépassés.