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Gestion de trésorerie : les enjeux par type de sociétés

Gestion de trésorerie
Gestion de trésorerie : les enjeux par type de sociétés

La gestion de la trésorerie est une des pierres angulaires du pilotage d’entreprise : surveiller avec attention la façon dont votre entreprise consomme et utilise ses liquidités reste le meilleur moyen d’éviter les difficultés potentielles. Cependant, selon le type d’entreprise que vous dirigez, vous savez certainement que les enjeux de gestion de trésorerie peuvent grandement varier. En effet, les défis rencontrés par le gérant sont parfois bien différents selon qu’il gère un restaurant saisonnier ou un commerce spécialisé par exemple : il est donc utile de savoir sur quel aspect de la gestion de ses liquidités une attention accrue est recommandée ! Les délais de paiement, la régularité des encaissements, la gestion des stocks et plus encore : ce sont autant de critères à prendre en compte quand on veut gérer sa trésorerie sereinement. C’est pourquoi nous vous avons préparé un petit florilège des principaux enjeux de gestion de trésorerie en fonction du secteur dans lequel votre entreprise évolue.

Les entreprises saisonnières

Une entreprise dont l’activité fluctue de manière régulière en fonction d’une période en particulier est potentiellement plus vulnérable au difficultés de trésorerie. Dans ce contexte, une vigilance accrue concernant le pilotage de ses mouvements de liquidités est recommandée afin d’éviter les mauvaises surprises.

La caractéristique principale d’une entreprise saisonnière réside dans le fait qu’elle va connaître une période d’activité soutenue au cours d’une saison précise du calendrier, qui va s’estomper une fois cette période arrivée à terme. L’essentiel du chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi concentré au cours de cette saison; elle dispose donc d’un laps de temps restreint pour réaliser le plus de ventes possible. L’enjeu majeur de la gestion de trésorerie d’une entreprise de ce type est donc d’optimiser la saison pleine afin de ne pas souffrir de cette baisse d’activité et d'être en capacité de payer ses charges, même avec un chiffre d’affaires divisé par deux.

Une analyse approfondie de sa stratégie et de son offre est recommandée pour chercher à maximiser son chiffre d’affaires : communication, fidélisation de la clientèle, attractivité … Réduire les délais de paiement accordés à ses clients est par exemple une bonne manière d’encaisser ses ventes le plus vite possible afin de payer les charges lorsque vous en avez besoin. Négocier avec son propriétaire pour payer une part plus importante du loyer lors de la haute saison permet également d’alléger ses dépenses pendant le reste de l’année. Adaptez vos stocks : analyser les ventes réalisées les années précédentes vous aide à estimer les quantités idéales dont vous avez besoin. Une fois la saison haute terminée, n’hésitez pas à proposer des réductions et des offres spéciales pour écouler votre stock et ne pas vous retrouver en sur-stockage !

Les restaurants

Diriger un restaurant est une profession gratifiante et enrichissante qui fait rêver bon nombre de Français, mais qui comporte également certains challenges qu’un suivi attentif de sa trésorerie permet de surmonter aisément. Il peut en effet arriver que des charges trop lourdes et un chiffre d’affaires insuffisant entament le chiffre d'affaires du restaurant et mettent à mal sa structure financière. Un manque de visibilité sur la trésorerie est ce qui porte le plus souvent préjudice au restaurateur. Le fait d’avoir une vision claire et globale de ses charges est donc un avantage conséquent pour gérer son établissement de manière optimale.

Surveiller les charges de son restaurant est essentiel

Pour s’éviter les tracas avant qu’ils n’apparaissent, rien de plus simple ! Le tableau de flux de trésorerie est un outil très pratique qui permet de recenser les mouvements de liquidités réalisés par le restaurant mais surtout d’établir des prévisions qui font apparaître les soldes de trésorerie mois par mois. En effet, cela reste un bon moyen d’identifier quelles sont les dépenses qui pèsent le plus lourd sur l’entreprise, mais aussi de réfléchir à la façon d’inverser la tendance si le restaurant venait à rencontrer des difficultés.

Il est également pertinent de se pencher de plus près sur les contrats fournisseurs et de chercher à en faire baisser les prix en faisant jouer la concurrence. Les stocks d’un restaurant sont également un enjeu de taille pour la gestion de trésorerie, puisque chaque denrée qui y est entreposée représente des liquidités immobilisées. Le sur-stockage est donc une caractéristique à éviter à tout prix pour maintenir une situation de trésorerie saine, d’autant plus que les produits entreposés sont périssables et doivent être jetés une fois la date de péremption dépassée ! C’est là une perte de liquidités qu’une meilleure anticipation des flux de trésorerie permet d’éviter.

Les franchises

Concernant la gestion de trésorerie, la franchise peut paraître plus abordable en termes de difficultés potentielles. Un franchisé dispose en effet d’un business model tout prêt à appliquer à son entreprise, une image de marque déjà établie dont il peut tirer profit, une clientèle déjà segmentée … La contrainte la plus importante dans la gestion d’une franchise réside dans l’investissement initial conséquent requis pour démarrer son activité : rembourser l’emprunt nécessaire à l’achat d’une franchise est un élément à garder à l’esprit. C’est pour cela qu’un pilotage rigoureux de ses flux de liquidités est d’autant plus important, afin de ne pas se laisser surprendre par les frais bancaires !

En effet, l’emprunt bancaire est une étape indispensable pour constituer le capital nécessaire à l’obtention des droits de franchise. Payer les mensualités de remboursement de ce prêt est donc une dépense à insérer dans sa structure financière. Et à ces fins, faire preuve de prévoyance et d’anticipation est essentiel ! Négocier un emprunt pour lancer une franchise est un travail de longue haleine. A l’aide d’un business plan et d’un plan financier prévisionnel, le futur dirigeant doit convaincre son banquier que le prêt qu’il demande sera remboursé dans les délais escomptés.

Munir le volet financier de sa demande de crédit d’un plan de trésorerie prévisionnel est un excellent moyen d’obtenir des conditions avantageuses pour son prêt ! En effet, la volonté d’anticiper ses flux de trésorerie est une excellente qualité à communiquer à son banquier, qui va être rassuré de voir que les sommes qu'il va vous accorder sont entre de bonnes mains. C’est également un avantage à long terme, puisqu’un taux de prêt plus clément signifie des mensualités moins importantes, ce qui permet par la suite d'alléger les dépenses liées au remboursement du prêt au cours des premières années de la vie de la franchise.

L’artisanat et le BTP

Évoluer dans ce domaine implique un certain nombre de défis qu’une gestion de trésorerie soigneuse permet de relever avec un minimum d’efforts. L’une des causes de difficultés les plus courantes pour ce type d’entreprise réside dans les délais de paiement accordés à sa clientèle. Il peut en effet être facile de se laisser tromper par un carnet de commandes bien rempli : si l’entreprise laisse des délais confortables à ses clients pour régler leurs factures, il est possible que sa trésorerie se retrouve dans le rouge !

Pour éviter d’en arriver là, quelques réflexes s’imposent. Tout d’abord, un logiciel de gestion de trésorerie comme Agicap est le moyen idéal pour visualiser les factures en cours et de voir quel est l’impact de leurs délais de paiement sur les liquidités de l’entreprise, grâce à des graphiques et de courbes faciles à lire ! L'application est un excellent outil d’aide à la décision, puisqu’elle permet de faire apparaître à l’avance les soldes de trésorerie de l’entreprise grâce à des prévisions de flux et donc d’anticiper des périodes trop justes.

Artisans : attention à vos délais de paiement

Plus généralement, retenons ici que les délais de paiement doivent être surveillés de près, étant donné qu’ils sont l’une des causes les plus courantes de difficultés de trésorerie dans ce secteur. Car si les clients ont 30, 45 ou 60 jours pour régler les factures qui leur sont adressées, il est possible que les fournisseurs de l’entreprise exigent leur paiement avant ce délai ! Chercher activement à réduire ses délais de paiement est un excellent moyen de gommer les effets néfastes de ces décalages et d'améliorer la gestion de trésorerie de son entreprise. A ce sujet, réserver les délais de paiement pour les clients les plus fidèles en qui vous avez confiance et imposer un paiement comptant aux autres pour les autres afin d’éviter les mauvaises surprises est une idée judicieuse. C’est également une bonne manière de limiter significativement les impayés clients !

Si l’activité de votre entreprise nécessite d’investir dans un bien comme une machine ou un véhicule de fonction, considérez l’option du leasing (ou location longue durée) plutôt que de l’acheter : cela vous permet d’étaler les dépenses sur une longue période sous la forme de mensualités plutôt que d’infliger un décaissement important et soudain à la trésorerie. Cette piste offre également l’avantage d’assouplir les formalités administratives liées à l’investissement !

Les commerces spécialisés

La gestion de trésorerie d’un commerce spécialisé peut parfois se révéler ardue, notamment si la notion de Fonds de Roulement (ou FR) n’est pas suffisamment maîtrisée par le dirigeant. Le FR désigne la quantité d’argent dont dispose l’entreprise au sein de sa trésorerie pour payer ses charges avant d’encaisser ses ventes : c’est en quelque sorte une réserve de liquidités qui permet de ne pas subir les conséquences des décalages de trésorerie. Il peut cependant arriver que le FR soit insuffisant et que l’entreprise connaisse un Fonds de Roulemennt négatif, et donc un Besoin en Fonds de Roulement positif : cela signifie que l’entreprise ne dispose pas de suffisamment de ressources pour financer son cycle d’exploitation régulier.

Comme mentionné plus haut, mettre ses dépenses à plat de manière rigoureuse en amont est la première étape à franchir pour contourner ces difficultés. Mais il se peut que le dirigeant ne dispose pas de moyen tangible pour diminuer ses charges et rééquilibrer ses finances. Le financement de trésorerie reste alors la meilleure manière de renforcer sa situation de liquidités. On peut en distinguer plusieurs types :

  • Le crédit de trésorerie : c’est un prêt bancaire à court terme qui aide le dirigeant à fortifier ses liquidités. Il est en effet préférable pour une entreprise de contracter un prêt pour renflouer sa trésorerie et d’étaler son remboursement sur une courte période (en général un an) que de subir les conséquences peu recommandables qu’un découvert bancaire peut avoir sur son entreprise.

  • L’affacturage : il s’agit d’un service financier proposé par des organismes spécialisés, les factors, auquel une entreprise peut avoir recours. Le principe de l’affacturage est le suivant : une entreprise va remettre au factor ses factures en cours en échange de leur financement immédiat. Si cette opération s’accompagne de frais et de commissions, c’est néanmoins un excellent moyen de diluer les conséquences des délais de paiement sur la trésorerie de l’entreprise.

  • L'autorisation de découvert : comme son nom l’indique ! L’autorisation de découvert bancaire est un produit financier qui permet de maintenir son activité même en cas de solde de trésorerie négatif. C’est une solution très utile mais qu’il est nécessaire de négocier avec son banquier avant que les difficultés n’apparaissent ! Et de la même manière que pour tout financement bancaire, proposer à son interlocuteur un prévisionnel de trésorerie et tout autre élément pour le rassurer reste le meilleur moyen de l’obtenir.

 

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