Financer La Tresorerie

Financer la trésorerie d’une entreprise : ce qu’il faut savoir

Financer la trésorerie est parfois nécessaire quand une entreprise connait des décalages entre ses encaissements et ses décaissements : saisonnalité, retards de paiement, recrutement, etc… Qu’est-ce que financer la trésorerie, quand y recourir, quelles solutions existent … Cet article est là pour vous apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur le financement de trésorerie et vous aider à trouver la solution la plus adaptée à votre entreprise !

Financement de trésorerie : définition

Le financement de trésorerie est un type particulier de financement court terme accordé aux entreprises. Il permet à une entreprise de disposer provisoirement de la trésorerie nécessaire pour son fonctionnement, sous réserve d’un remboursement à court terme.

Dans quelles circonstances financer la trésorerie ?

Au moment de la création de l’entreprise :

Le lancement d’une entreprise implique d’anticiper un certain nombre de décaissements dans votre plan de trésorerie prévisionnel. Financer la trésorerie peut donc être utile pour aider à payer ses charges avant d’encaisser le fruit des premières ventes :

  • Les achats à court terme : un projet d’entreprise s’accompagne souvent d’achats d’une certaine quantité de matériel et de fournitures. Ordinateurs, encre, papier … Tout ceci peut vite peser sur la trésorerie avant même d’avoir réalisé la moindre vente.
  • Le stock initial : dans le cadre d’une activité de production ou de négoce, l’entreprise doit se doter d’un stock de départ. Matières premières et produits finis sont nécessaires pour démarrer son activité car ils permettent de générer les premiers encaissements ! De plus, maintenir et entreposer ces produits dans le stock va générer des décaissements de trésorerie, sous la forme de frais de stockage et d’entretien.
  • Les premiers recrutements : si votre business plan prévoit l’embauche d’employés, il va vous falloir les payer à la fin du premier mois. Vous aurez donc besoin de trésorerie pour pouvoir verser leurs salaires.

 

Au cours d’une période de développement et de croissance de l’entreprise

Une entreprise en période de croissance peut également avoir besoin de financer sa trésorerie afin de soutenir son développement. En effet, les dépenses causées par l’évolution de son activité vont sûrement nécessiter un nouvel apport de liquidités pour maintenir l’entreprise à flots :

  • L’investissement dans du matériel supplémentaire : pour faire face à une augmentation de son activité, une entreprise est parfois amenée à investir dans du nouveau matériel et outillage pour produire plus, stocker plus, vendre plus et ainsi répondre à la demande de sa clientèle. Renforcer sa trésorerie par un nouveau financement peut vous aider à couvrir ces dépenses plus sereinement.
  • Le lancement de nouveaux produits ou services : les encaissements liés à une nouvelle offre vont mettre un certain temps avant d’arriver dans les caisses de manière effective, tandis que l’entreprise doit payer les charges engendrées par son développement !
  • L’embauche de personnel supplémentaire : il est courant pour une entreprise qui voit son volume d’activité augmenter d’embaucher de nouveaux employés afin de satisfaire la demande croissante de sa clientèle. Ici, même raisonnement : il va vous falloir payer vos nouveaux employés à la fin du mois, même si les encaissements ne suivent pas immédiatement. Financer la trésorerie peut ainsi être judicieux pour vous prémunir contre un solde de trésorerie trop juste.

 

Pour faire face à des difficultés de trésorerie :

Financer la trésorerie peut également être une solution mise en place en réaction à des difficultés de trésorerie, ou pour éviter qu’elles apparaissent. Il existe plusieurs raisons pour lesquelles la trésorerie d’une entreprise peut se retrouver dans le rouge. Voici néanmoins une liste non exhaustive d’éléments qui peuvent causer des difficultés ponctuelles et donc nécessiter de financer la trésorerie :

  • Des clients qui tardent à payer : accorder des délais de paiement à ses clients est courant en entreprise : cela permet d’établir et d’entretenir une relation de confiance avec eux. Mais il arrive que certains tirent sur la corde et dépassent ces délais, parfois par inadvertance, parfois volontairement. Le problème reste le même, les encaissements tardent à venir alors que les factures s’entassent !
  • La saisonnalité : si l’activité de l’entreprise que vous dirigez a un caractère saisonnier et qu’elle est concentrée sur une certaine période, il est probable que la “saison creuse” génère des difficultés de trésorerie. Votre volume de ventes va sûrement diminuer alors qu’il vous faudra continuer à payer vos charges !
  • Des imprévus : accidents, vols, catastrophes naturelles, incendies … Comme leur nom l’indique, les imprévus sont difficiles à anticiper et peuvent mettre votre trésorerie en péril. Un financement supplémentaire peut donc être nécessaire si vous souhaitez maintenir votre entreprise à flots et faire face aux mauvaises surprises.

Pour éviter de se laisser surprendre par un éventuel trou de trésorerie, n’hésitez pas à vous appuyer sur une solution de gestion de trésorerie comme Agicap, qui permet d’aller chercher un financement de trésorerie en amont d’éventuelles difficultés ! Si par ailleurs la gestion de trésorerie est un sujet qui fait écho à certaines de vos problématiques actuelles, vous pouvez trouver un article traitant du sujet dans sa globalité en cliquant sur ce lien.

 

Quels sont les différents moyens de financer la trésorerie ?

Il existe différents moyens de financer la trésorerie

Les financements bancaires

La négociation de financement avec votre banquier est la piste principale à étudier si vous voulez renflouer votre trésorerie ou la protéger contre les embûches à venir.

Le crédit de trésorerie à court terme

C’est la première possibilité à étudier pour renforcer votre trésorerie : négocier un emprunt à court terme auprès de votre banquier permettra d’injecter une quantité suffisante de liquidités dans vos caisses et de limiter la casse que peut provoquer un trou de trésorerie. En effet, il est plus judicieux pour votre entreprise de contracter un crédit avec la banque et d’étaler son remboursement sur une durée limitée (en général moins d’un an) que de subir les conséquences d’un solde négatif de trésorerie : retards de paiement, mécontentement des clients et des fournisseurs, etc.

L’affacturage

L’affacturage consiste pour une entreprise à céder une ou plusieurs de ses créances clients à un établissement financier spécialisé, appelé le “factor”, en échange de leur financement immédiat.
Les différents débiteurs de l’entreprises sont généralement informés de la procédure d’affacturage.
Par ailleurs, c’est au factor que revient la gestion du poste client (relance, recouvrement…) à partir du moment où il entre en possession des différentes créances.

Contacter un factor et souscrire un contrat d’affacturage vous permet donc de céder cette créance au factor qui vous reversera alors le montant de cette facture immédiatement, moins le montant de sa commission. L’avantage non négligeable que propose cette technique est que vous transférez le souci du délai de paiement et du recouvrement du montant à un tiers : plus besoin de relancer ce client !

La cession Dailly

Cette solution repose globalement sur le même principe que l’affacturage, à quelques différences près. Premièrement, la cession de créances encadrée par la loi Dailly se négocie avec la banque et fonctionne plus comme une avance de trésorerie : la banque va s’engager à vous verser le montant de la facture en attente de paiement que vous devez lui rembourser une fois l’encaissement effectué.

Cette solution est toutefois moins souple que l’affacturage car la banque ne pas va s’occuper de la gestion du poste client. Relancer le client en question reste votre responsabilité : s’il n’a toujours pas payé à la fin du délai que vous lui avez accordé, vous devez quand même rembourser à la banque le montant qu’elle vous a accordé !

L’escompte bancaire

De la même manière que les deux solutions précédentes, l’escompte bancaire consiste à transmettre un ou plusieurs effets de commerce à sa banque. L’entreprise va alors être créditée de la somme correspondante, moins les intérêts et la commission. En cas d’impayé de la part du client, l’entreprise doit néanmoins rembourser le montant avancé par la banque ! La différence avec la cession Dailly est que l’escompte ne concerne que les effets de commerces, alors que la première concerne l’ensemble des créances commerciales.

L’autorisation de découvert

Obtenir une autorisation de découvert permet à votre trésorerie de respirer dans le cas d’une impasse. Elle va en effet vous aider à continuer votre activité, même en cas de solde de trésorerie négatif, pendant une période d’une durée déterminée à l’avance qui est généralement comprise entre 1 et 12 mois. Le contrat souscrit précise également le plafond maximum autorisé, ainsi que les intérêts (agios) que vous devez payer à la banque en contrepartie, qui se situent en moyenne entre 7 et 15% selon les banques. Cette solution est à négocier avec votre banquier en amont.

Le financement interne par les associés

Il est également possible de faire appel aux associés de l’entreprise (si cette dernière en comporte) pour financer la trésorerie.

L’augmentation de capital

Prendre la décision d’augmenter le capital social d’une entreprise permet de créer de nouvelles actions qui peuvent par la suite être acquises par des actionnaires. Les formalités administratives nécessaires à sa mise en place sont onéreuses et prennent souvent du temps : frais de dossiers, frais de greffe ou même honoraires d’avocat … Augmenter le capital de l’entreprise apporte cependant plusieurs avantages concrets :

  • Cela permet en premier lieu de renforcer la trésorerie de l’entreprise en y injectant des liquidités à long terme qui ne nécessitent pas de remboursement.
  • L’engagement des associés que représente une augmentation du capital est un message fort pour votre banque : c’est le gage d’une implication et d’un dévouement à l’entreprise qui pourra par la suite vous servir d’argument pour négocier avec votre banquier et ainsi vous faciliter l’accès à d’éventuels prêts et des taux plus intéressants.

L’apport en compte courant d’associés

Le compte courant d’associé constitue une avance de liquidités accordée par un associé à l’entreprise. En pratique, un compte est ouvert parmi ceux de la société puis est alimenté par les fonds propres d’un associé. Les formalités nécessaires à cette opération sont moins complexes que l’augmentation de capital, et les sommes qui y correspondent sont indépendantes du capital social de l’entreprise.

Cette solution peut être avantageuse voire salvatrice si l’entreprise se trouve dans une situation de trésorerie difficile : encore faut-il que les associés disposent d’assez d’argent pour le faire !

Les alternatives aux financements de trésorerie

Le crédit-bail et la location longue durée

Financer la trésorerie n’est pas la seule solution qui existe pour la renforcer, il existe des options offrant des alternatives au financement de trésorerie, qui permettent à une entreprise de louer un bien sur une certaine durée au lieu de l’acheter et d’infliger un décaissement soudain à sa trésorerie. Le principe est le suivant : un organisme spécialisé va mettre à la disposition de l’entreprise le bien pour une certaine durée (située en général entre 12 et 72 mois) contre le versement d’un paiement mensuel. Il existe deux sortes de contrats de ce type :

  • Le crédit-bail : l’entreprise souscrit un contrat de location d’un bien, un véhicule de fonction ou un utilitaire, par exemple. La durée de la location est déterminée dans le contrat ; une fois ce dernier arrivé à son à terme, plusieurs solutions s’offrent alors au gérant. Il peut soit restituer le bien en question, soit renouveler le contrat de location, ou alors l’acheter à un montant qui a été déterminé au moment de la souscription du contrat ; ce bien sera alors ajouté au patrimoine de l’entreprise.
  • La location longue durée : le principe est globalement le même que le crédit-bail, hormis le fait qu’il ne prévoit pas l’acquisition du bien une fois que le contrat est arrivé à échéance.

Ces solutions constituent un avantage non négligeable à tout gérant désireux de renforcer sa trésorerie. Comparée à l’acquisition d’un bien à proprement parler, la location représente un poste de charge plus flexible pour l’entreprise ! Par exemple, si le véhicule loué ne répond pas suffisamment aux besoins de l’entreprise, il sera plus facile d’en louer un autre plus adapté une fois le contrat arrivé à échéance.

Les autres types de financement

Il existe également d’autres possibilités de financement auxquelles une entreprise peut avoir accès. Nous les mentionnons ici à titre indicatif : ces méthodes existent avant tout pour aider au lancement ou au développement d’une entreprise en général, et sont moins adaptées pour financer sa trésorerie en particulier. Il est néanmoins important de connaître toutes les opportunités qui s’offrent aujourd’hui aux entrepreneurs !

Les prêts d’honneur

Des réseaux associatifs comme le Réseau Entreprendre ou l’ADI peuvent accorder des prêts d’honneur à des créateurs ou repreneurs d’entreprise qui présentent des business plan solides et convaincants. Chiffrés entre 2.000€ et 50.000€ (et même plus pour les projets innovants), ces prêts sont très avantageux car ils bénéficient d’un taux zéro et permettent de soutenir une entreprise à sa création en accroissant son capital de départ.

Un prêt d’honneur est un atout précieux car il permet au gérant de bénéficier d’une meilleure crédibilité auprès de son banquier et des investisseurs potentiels au moment où il lance son activité. Attention cependant, les formalités nécessaires pour obtenir ces aides sont longues et parfois complexes.

“Lovemoney”

Cet anglicisme désigne le capital apporté par la famille et l’entourage d’un dirigeant à la création de son entreprise. Il arrive qu’un entrepreneur en devenir préfère solliciter ses proches pour constituer au moins une portion de son capital de départ plutôt que de contracter un emprunt auprès de la banque.

Le “crowdfunding”

Le crowdfunding est un moyen très en vogue de financer un projet. Il consiste à créer une campagne de communication sur internet qui a pour but de récolter des fonds auprès des internautes. Cette campagne est créée par le biais de plateformes en ligne et dispose d’une période limitée pour atteindre son objectif : en échange de sa participation financière au projet, un internaute reçoit une contrepartie dont la valeur est proportionnelle au montant qu’il a apporté ou un tarif préférentiel une fois que le projet est lancé.

Ce mode de financement peut être très efficace mais va avant tout dépendre de la capacité du créateur de la campagne à convaincre les internautes. Il a également l’avantage de créer une certaine attente de la part des futurs clients avant même la création de entreprise ! Attention, si l’objectif de financement fixé au départ n’est pas atteint à la fin du délai imparti, les sommes obtenues doivent être remboursées

Comment négocier un financement de trésorerie ?

Bien négocier un financement avec son banquier est capital

Comme mentionné plus haut dans cet article, un financement bancaire est une solution à envisager si vous avez besoin de consolider votre trésorerie ou de la renflouer en cas de problèmes. Il est cependant capital de comprendre que les termes et les conditions de ces différents manières de financer la trésorerie se négocient ! Voici quelques conseils pour vous aider dans cette démarche. Pour en savoir plus sur la négociation de prêts professionnels, cliquez ici.

Rassurer votre banquier est le premier objectif que vous devez vous fixer. Montrez-lui que le financement que vous voulez obtenir est là pour faire face à un besoin ponctuel et passager. Un plan de trésorerie prévisionnel fiable et un dossier de demande de prêt solide vous servent à prouver que la trésorerie de votre entreprise est bien suivie et que le crédit accordé sera donc utilisé à bon escient.

En ce qui concerne les solutions préventives comme l’autorisation de découvert, l’anticipation est clé. Il faut les négocier avant que de potentiels problèmes n’apparaissent : obtenir ce genre de financement quand tout va bien permet d’assurer vos arrières avant que tout aille mal ! Faire preuve de prévoyance est une excellente qualité à communiquer à votre banquier, qui va être réconforté par rapport à votre capacité à gérer votre trésorerie et donc à le rembourser en temps et en heure.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de voir apparaître un solde de trésorerie négatif dans votre prévisionnel. Il vaut mieux prévenir que guérir : si vous voyez arriver un solde trop “juste” par rapports aux autres mois, il peut être judicieux de chercher une solution de financement pour le renforcer et ainsi éviter d’éventuelles difficultés une fois le moment venu.

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